Qu’est-ce qu’une poussée de MPOC?
Une poussée (ou « exacerbation ») se produit lorsque les symptômes de la MPOC s’aggravent rapidement et ne s’améliorent pas pendant au moins un jour ou deux. Les infections respiratoires et la pollution de l’air sont les deux déclencheurs les plus courants des poussées de MPOC.
Les signes courants d’une poussée de MPOC
- Plus de toux que d’habitude
- Toux produisant des mucosités plus abondantes (et dont la couleur peut être différente)
- Plus d’essoufflement, respiration sifflante
- Fatigue
Que faire en cas de poussée?
Apprendre à réduire le risque de poussées et à gérer celles-ci lorsqu’elles surviennent est une partie importante de la prise en charge de la MPOC. Il est important de parler avec votre équipe soignante pour apprendre à reconnaître les poussées et pour savoir quoi faire si/quand vous en avez une. Collaborez avec votre équipe soignante à élaborer un plan d’action contre la MPOC.
Bien des poussées peuvent être traitées à la maison, surtout si elles sont détectées tôt. Votre médecin peut vous prescrire un inhalateur à action rapide (ou « de secours ») à utiliser en cas de poussée. Cet inhalateur dilatera (élargira) vos voies aériennes pour vous permettre de mieux respirer.
Vous pourriez également devoir prendre des pilules de stéroïdes pendant quelques jours pour aider à réduire rapidement l’enflure de vos voies aériennes. Les corticostéroïdes permettent de ralentir ou d’arrêter la réponse immunitaire qui fait enfler les voies aériennes.
Ces exemples sont des médicaments à action rapide, mais vous pouvez également utiliser un inhalateur à longue durée d’action tous les jours (même lorsque vous vous sentez bien), pour prévenir les poussées et gérer votre MPOC. Cet inhalateur contient un bronchodilatateur (et parfois des stéroïdes). Ces médicaments sont différents de l’inhalateur et des stéroïdes qui aident à mieux respirer en cas de poussée.
Si vous pensez que votre poussée est due à une infection thoracique, votre médecin pourrait vous prescrire des antibiotiques.
Si vos poussées sont plus sévères ou fréquentes, ou si vous avez d’autres problèmes de santé, vous devrez peut-être consulter votre médecin ou vous rendre à l’hôpital. La MPOC est la troisième principale cause d’hospitalisation chez les Canadien-nes de plus de 65 ans.
Utilisez votre plan d’action contre la MPOC
Un plan d’action contre la MPOC est un plan personnalisé que vous établissez avec l’aide de votre médecin et de votre équipe soignante en MPOC. Vous pouvez y noter comment vous vous sentez lorsque tout est « normal », pour vous aider à détecter les poussées. Vous pouvez aussi y noter les médicaments que vous prenez chaque jour pour rester en santé et les médicaments à prendre en cas de poussée.
Votre plan d’action vous aidera à reconnaître les signes d’une poussée pour pouvoir la traiter rapidement. En évitant que la poussée s’aggrave, vous aurez plus de chances d’éviter une visite aux urgences.
Un plan d’action comprend généralement trois sections :
- une section verte où vous inscrirez ce qui est « normal » pour vous;
- une section jaune qui indique les signes d’une poussée et quoi faire lorsque cela se produit; et
- une section rouge qui vous aidera à décider si vous avez besoin d’une aide médicale urgente.
Que puis-je faire pour prévenir ou réduire les poussées?
L’un des principaux objectifs du traitement de la MPOC est de prévenir les poussées. Vous pouvez faire plusieurs choses pour gérer votre MPOC et réduire votre risque de poussées.
En apprendre plus sur la MPOC
Renseignez-vous sur la MPOC et sur ce que vous pouvez faire pour rester en aussi bonne santé que possible. Découvrez ce qui déclenche votre MPOC et ce qui est « normal » pour vous, et notez tout cela dans votre Plan d’action contre la MPOC.
Arrêter de fumer
Le tabagisme est la principale cause de MPOC. Il peut provoquer des poussées et accélérer à plus long terme la progression de la MPOC en raison des dommages continus qui sont causés aux poumons.
Se faire vacciner
Puisque les infections respiratoires sont une cause majeure de poussée de MPOC, il est important d’être à jour dans vos vaccinations contre la grippe, la COVID-19, la pneumonie et le virus respiratoire syncytial. Vous devriez également vous laver les mains correctement, éviter les foules et porter un masque si vous êtes en contact étroit avec d’autres personnes.
Rester actif(-ve)
L’exercice physique est très important si vous avez la MPOC. Il aide vos muscles à travailler plus efficacement et renforce vos poumons. Il peut vous aider à maintenir un poids sain et vous donner plus d’énergie.
Manger sainement
Une alimentation saine aide à prévenir l’obésité, fournit au corps l’énergie dont il a besoin et soutient le système immunitaire. Certains aliments ont également des propriétés anti-inflammatoires. Aux stades plus avancés de la MPOC, lorsque la perte de poids est courante, il est encore plus important que votre corps reçoive la nutrition dont il a besoin pour prévenir les comorbidités additionnelles et la fragilité.
Pourquoi et comment il faut faire de l’exercice
Si vous vivez avec la MPOC, faire de l’exercice pourrait vous paraître dangereux ou impossible. S’il est bien fait, toutefois, l’exercice est l’un des outils les plus efficaces (mis à part l’abandon du tabagisme) pour prendre en charge la MPOC.
Le cycle de l’inactivité
L’évitement de l’activité peut conduire à un cycle d’affaiblissement des muscles, d’augmentation de l’essoufflement, d’évitement des activités pouvant causer un essoufflement et d’aggravation des symptômes de la MPOC. C’est ce qu’on appelle le cycle de l’inactivité.

Le cycle de l’activité
En faisant de l’exercice régulièrement, vous pouvez briser ce cycle et en créer un nouveau (le cycle de l’activité) où l’exercice devient plus facile et vous aide à vous sentir mieux, ce qui vous motive à rester actif(-ve).
N’oubliez pas de consulter votre médecin ou un-e autre membre de votre équipe soignante avant de commencer un programme d’exercices. Voici quelques questions que vous pourriez lui poser et des conseils à garder à l’esprit.

Les bienfaits de l’exercice physique
Faire plus avec moins d’efforts
Lorsque vous êtes moins actif(-ve) physiquement, vos muscles (y compris votre cœur) deviennent moins efficaces et doivent travailler plus fort. Cela peut vous fatiguer et vous essouffler. L’exercice régulier peut aider vos poumons, votre cœur et vos autres muscles à travailler plus efficacement.
Réduire le nombre de poussées et leur sévérité
L’exercice renforce les poumons. Il renforce également le système immunitaire, ce qui améliore la capacité du corps à combattre les infections.
Maintenir un poids sain
L’exercice régulier peut vous aider à atteindre un poids sain et à le maintenir, ce qui peut vous faciliter la respiration et l’activité physique.
Améliorer votre qualité de vie
L’activité physique peut augmenter votre niveau d’énergie, réduire les sentiments d’anxiété, de dépression ou de stress et vous aider à maintenir votre autonomie ou à la retrouver.
Réadaptation pulmonaire
La réadaptation pulmonaire (RP) est un excellent moyen d’apprendre à gérer votre MPOC et à rester actif(-ve).
RespirezFORT
L’Association pulmonaire du Canada propose un programme gratuit en ligne d’exercices et d’information intitulé « BreatheSTRONG », accessible à tous depuis le confort de leur domicile. C’est un excellent moyen de maintenir une activité physique régulière après une réadaptation pulmonaire ou en attendant d’obtenir une place dans un programme en présentiel.
Avant de commencer à faire de l’exercice
Commencez par discuter d’exercice physique avec votre médecin ou un autre fournisseur(- euse) de soins de santé. Demandez lui :
- Quel type de programme d’exercices me conviendrait le mieux?
- Que dois-je savoir sur la prise de médicaments avant, pendant et après l’exercice?
- Est-ce que je devrais utiliser mon inhalateur avant de faire de l’exercice?
- Que devrais-je faire si je commence à me sentir essoufflé-e?
Assurez-vous de connaître les techniques de respiration et de toux qui peuvent vous aider pendant vos séances d’exercice.
La marche est l’un des meilleurs moyens d’améliorer votre condition physique.
Commencez lentement et augmentez graduellement la durée ou l’intensité de l’eff ort à mesure que vous prenez des forces. Faites régulièrement de l’exercice. N’oubliez pas qu’il est préférable de faire un peu d’exercice et d’avancer à petits pas que de ne rien faire du tout.
Dix conseils pour un plan d’exercice efficace
1. Fixez-vous des objectifs personnels
Collaborez avec votre équipe de soins en MPOC pour vous fixer des objectifs raisonnables et développer un plan d’exercice adapté à votre condition physique et à votre capacité respiratoire.
2. Augmentez l’effort graduellement
Respectez vos limites, mais essayez de vous entraîner un peu plus fort ou un peu plus longtemps à quelques jours d’intervalle. Ceci améliorera l’efficacité de votre corps et de vos muscles.
3. Ayez du plaisir
Trouvez une activité que vous aimez. Vous êtes plus susceptible de continuer de vous entraîner si vous voyez l’exercice davantage comme un loisir que comme une tâche. Envisagez des activités comme l’aquaforme, la danse, le yoga ou la marche avec un-e ami-e. Si vous préférez être seul-e, regardez un film ou écoutez une baladodiffusion pendant votre séance d’exercice. Bien sûr, continuez d’être prudent-e et vigilant-e dans votre environnement.
4. Alternez vos activités
Lorsque vous avez la MPOC, vous avez besoin de renforcer tous vos muscles. Toutefois, il se peut que vous ne soyez pas en mesure de les entraîner tous en une seule séance. Essayez de faire travailler les muscles de vos bras une journée et ceux de vos jambes le lendemain, pour un entraînement complet qui ne vous épuisera pas.
5. Planifiez judicieusement
Faites de l’exercice aux moments où vous savez que votre niveau d’énergie est plus élevé – par exemple, après avoir pris votre médicament. Ne vous entraînez pas le ventre plein, mais plutôt avant un repas ou une heure ou deux après. Une fois que vous avez trouvé ce qui vous convient le mieux, considérez l’exercice au même titre qu’un rendezvous. Organisez votre journée en conséquence. Ne vous demandez pas si vous avez assez de temps pour faire de l’exercice, car vous trouverez inévitablement des excuses pour ne pas le faire. L’exercice fera éventuellement partie intégrante de votre routine.
6. Écoutez votre corps
Si vous êtes épuisé-e ou vous sentez malade, il pourrait vous être utile de limiter vos exercices cette journée-là. Si vous avez un événement spécial, envisagez d’écourter votre séance d’entraînement ou de la reporter au lendemain.
7. Habillez-vous confortablement
Portez des vêtements amples. Optez pour plusieurs couches de vêtements, pour pouvoir enlever un chandail si vous avez trop chaud. Choisissez des chaussures qui s’attachent facilement, qui soutiennent bien le pied et qui sont bien coussinées.
8. Surveillez la météo et la pollution de l’air
Évitez les activités physiques à l’extérieur lorsque le niveau de pollution de l’air est élevé et que le temps est trop froid, trop chaud ou trop humide. Si possible, dans de tels cas, prévoyez de faire de l’exercice à l’intérieur.
9. Gâtez-vous
Pour rester motivé-e, offrez-vous une petite récompense après votre séance d’exercice.
10. Faites régulièrement de l’exercice
Faites de votre forme physique une priorité et ciblez des plages horaires spécifiques de votre semaine pour faire de l’exercice. Visez une fréquence d’au moins trois fois par semaine. N’oubliez pas : si vous devez arrêter l’exercice pour cause de maladie ou toute autre raison, ne vous découragez pas. Recommencez lentement lorsque vous en êtes capable. Vous retrouverez graduellement votre forme musculaire.
Qu’est-ce que les comorbidités?
Les comorbidités font référence à la présence de plus d’une maladie ou affection à la fois. Elles sont fréquentes chez les personnes atteintes de MPOC. Lorsque les organes du corps ne reçoivent pas suffisamment d’oxygène à cause de la MPOC, cela peut affecter leur fonctionnement et mettre votre santé en danger.
La MPOC est associée à de nombreuses comorbidités. La plupart des personnes atteintes de MPOC ont au moins une comorbidité, voire plusieurs. Parfois, ces affections sont liées à la MPOC (des « complications »); mais dans d’autres cas, elles seraient apparues de toute façon, avec ou sans la MPOC.
Les comorbidités peuvent rendre plus difficile la prise en charge de la MPOC. Elles peuvent augmenter le risque d’hospitalisation et de décès. Il est important que votre médecin tienne compte de toutes vos comorbidités, au moment d’évaluer la sévérité de votre MPOC, afin de vous recommander un traitement.
Comorbidités courantes chez des personnes atteintes de MPOC
- maladies cardiovasculaires (cardiaques)
- obésité (MPOC légère à modérée)
- ostéopénie (perte de densité osseuse)
- ostéoporose (affaiblissement des os, risque accru de fracture)
- glaucome et/ou cataractes
- perte de poids et malnutrition (MPOC sévère)
- dysfonctionnement des muscles périphériques (fatigue, faiblesse, perte de masse musculaire)
- cancer
- anxiété et dépression
- syndrome métabolique (hypertension artérielle, hyperglycémie, surplus de graisse abdominale, taux élevé de cholestérol) et diabète
- troubles du sommeil
Obésité et la MPOC
L’obésité est un facteur de risque de MPOC. La MPOC peut également rendre plus difficile le maintien d’un poids sain : lorsque vous êtes atteint-e de MPOC, les problèmes respiratoires rendent l’exercice physique difficile. Cela peut entraîner un gain de poids et une aggravation des symptômes de la MPOC. La MPOC et l’obésité sont toutes deux des facteurs de risque de maladie cardiaque. Elles peuvent aussi aggraver les symptômes de maladie cardiaque.
L’obésité est plus fréquente chez les personnes atteintes d’une BPCO légère à modérée. Une perte de poids peut survenir dans les cas de MPOC plus grave. On parle de « cachexie liée à la MPOC » lorsqu’une personne perd de la masse musculaire et risque de souffrir de malnutrition. Les personnes atteintes d’une MPOC grave et présentant une insuffisance pondérale courent un risque de décès plus élevé que celles atteintes de MPOC qui ne présentent pas d’insuffisance pondérale.
Ressources de l’APC
Mon plan d’action contre la MPOC
Comment utiliser votre inhalateur
RespirezFORT programme de la formation et de l’exercice
Ressources additionelles
Mieux vivre avec une MPOC (Respiplus)
Carte des ressources (Societé canadienne du cancer)
Trouvez de l’aide pour arrêter de fumer ou de vapoter près de chez vous, en ligne et ailleurs.
Cette section a été réalisée grâce à une subvention éducative sans condition accordée par AstraZeneca Canada.
