Pour en savoir plus sur la MPOC, ses symptômes et ses causes, consultez Maladies pulmonaires de A à Z.
La MPOC est fortement sous-diagnostiquée en Canada. Pourquoi?
Selon des estimations, près d’un million d’autres Canadien-nes vivent avec la MPOC sans le savoir. Pourquoi la MPOC est-elle sous-diagnostiquée à ce point? Une personne pourrait n’avoir aucun symptôme, ou penser que ses symptômes sont liés à l’âge, à une infection respiratoire courante ou à une « toux de fumeur ». Des personnes qui ne fument plus peuvent se croire à l’abri de la MPOC. Certaines personnes reçoivent un diagnostic d’asthme tandis que leurs symptômes sont dus à la MPOC. Les personnes atteintes de MPOC ont souvent d’autres problèmes de santé (p. ex., maladie cardiaque), et pourraient croire qu’il s’agit de la cause de leurs symptômes alors que c’est la MPOC.
Une note à propos des femmes et de la MPOC
On a longtemps associé la MPOC aux fumeurs (ou ex-fumeurs) de sexe masculin plus âgés. Même si le nombre de femmes et d’hommes qui décèdent chaque année de la MPOC au Canada est à peu près égal, de récentes recherches indiquent que la MPOC est probablement sous-diagnostiquée chez les femmes; que celles-ci ont des symptômes plus sévères; qu’elles sont touchées à un plus jeune âge, et plus susceptibles de n’avoir jamais été fumeuses. Au cours des vingt dernières années, le nombre d’hospitalisations pour la MPOC a augmenté chez les femmes plus jeunes (40 à 64 ans) et plus âgées (65 ans et plus), alors qu’il a diminué chez les hommes plus âgés.
Pour diagnostiquer la MPOC, votre médecin(e) tiendra compte de votre âge, de vos symptômes, de vos antécédents médicaux et des résultats de votre examen physique.
Il est important que votre médecin vous prescrive des tests de fonction pulmonaire (ex. une spirométrie) afin de confirmer le diagnostic.

L’importance de la spirométrie
La spirométrie est un test respiratoire simple qui mesure la vitesse et la quantité d’air que vous pouvez expirer de vos poumons, au moyen d’un appareil appelé « spiromètre ». Certain-es médecins offrent des tests de spirométrie à leur cabinet, mais d’autres vous orienteront vers un laboratoire ou une clinique spécialisée dans les tests pulmonaires.
Il est important que la personne qui effectue le test ait reçu une formation adéquate sur l’utilisation du spiromètre et l’interprétation des résultats. Vos résultats seront comparés à une valeur de « référence », attendue selon votre âge, votre taille, votre sexe et votre race.
Écarter la possibilité d’autres problèmes de santé
Votre médecin pourrait vous prescrire un tomodensitogramme ou une radiographie du thorax. Ces tests ne devraient pas être utilisés pour diagnostiquer une MPOC. Si le tomodensitogramme ou la radiographie du thorax révèle des signes d’une possible MPOC, la spirométrie devrait être utilisée pour confirmer le diagnostic. Un tomodensitogramme ou une radiographie du thorax peut aussi permettre d’écarter d’autres causes possibles de vos symptômes ou de vérifier si vous avez une autre affection en même temps (« comorbidité »).
Si vous recevez un diagnostic de MPOC, votre médecin vous indiquera également sa sévérité : légère, modérée, sévère ou très sévère. Pour choisir les médicaments qui vous conviennent le mieux, votre prestataire de soins tiendra compte de vos symptômes, des résultats de votre spirométrie, de vos antécédents d’exacerbations et de toute comorbidité susceptible d’affecter votre santé respiratoire.
MPOC légère
- Vous pourriez n’avoir aucun symptôme.
- Vous pourriez être essoufflé-e lors d’un effort modéré et/ou avoir des infections thoraciques récurrentes.
- Vos symptômes n’ont que peu ou pas d’effet sur vos activités quotidiennes.
MPOC modérée
- Vos activités quotidiennes sont de plus en plus limitées.
- Vous êtes de plus en plus essoufflé-e, par exemple lorsque vous marchez une courte distance sur terrain plat. Vous pourriez avoir besoin de vous arrêter après quelques minutes pour reprendre votre souffle.
- Vos symptômes s’aggravent périodiquement, nécessitant la prise de corticostéroïdes et/ou d’antibiotiques.
- Votre toux est grasse ou productive.
MPOC sévère
- Vous êtes essoufflé-e même en cas d’effort minimal. Par exemple, vous êtes essoufflé-e en vous habillant.
- Vos activités quotidiennes sont très limitées.
- Vous avez une toux chronique et crachez régulièrement du mucus.
MPOC « terminale » ou très sévère
- Votre respiration est sifflante en tout temps et vous avez du mal à reprendre votre souffle même au repos.
- Vous perdez du poids sans le vouloir.
- Vous pourriez vous sentir confus-e ou désorienté-e en raison d’un manque d’oxygène dans votre sang.
MPOC vs. asthme
Certaines personnes ayant l’asthme sont mal diagnostiquées comme ayant la MPOC; d’autres reçoivent un diagnostic d’asthme alors que c’est en réalité la MPOC. Certaines personnes ont à la fois l’asthme et la MPOC.
Quels sont les points communs entre la MPOC et l’asthme?
La MPOC et l’asthme sont deux maladies pulmonaires obstructives : elles rendent la respiration difficile à cause d’une obstruction ou d’un rétrécissement des voies aériennes. Toutes deux peuvent causer une toux, un essoufflement et une respiration sifflante.
Quelles sont les différences entre l’asthme et la MPOC?
MPOC
- tend à se développer chez les adultes de 40 ans et plus
- crée une inflammation et des dommages à la structure et à la fonction des poumons
- les antécédents de tabagisme ou d’exposition à la fumée sont courants
- les symptômes sont relativement constants d’un jour à l’autre, mais s’aggravent progressivement
- la toux est plus susceptible d’être « productive » (mucosités)
- la plupart des poussées sont dues à des infections respiratoires ou à la pollution de l’air
- l’obstruction du débit d’air n’est pas entièrement réversible
- les comorbidités causées par un manque d’oxygène dans les cellules et les organes sont fréquentes
- le traitement a pour objectifs de réduire les symptômes, de prévenir les exacerbations et de réduire la mortalité
Asthme
- tend à se développer plus tôt dans la vie, souvent pendant l’enfance
- crée une inflammation des voies aériennes
- les antécédents familiaux d’asthme sont courants
- s’accompagne d’une probabilité plus élevée d’être atteint-e d’allergies ou de rhinite (« rhume des foins »)
- les symptômes varient considérablement d’un jour à l’autre
- les symptômes sont déclenchés par l’exercice, les allergènes ou l’air froid
- la toux est typiquement « sèche » (sans mucosités)
- l’inflammation des voies aériennes peut être renversée rapidement grâce à un médicament en inhalateur
- n’entraîne pas de baisse du taux d’oxygène dans le sang, sauf en cas de crise d’asthme sévère
- le traitement a pour objectifs de réduire l’inflammation et de contrôler les symptômes
Diagnostic de la MPOC vs diagnostic de l’asthme
Les résultats d’un test de fonction pulmonaire (spirométrie) indiqueront si vos voies aériennes sont obstruées. Une fois ce résultat confirmé, votre prestataire de soins déterminera si l’asthme ou la MPOC est en cause. Il/elle tiendra compte de vos antécédents médicaux, y compris le tabagisme. Le tabagisme est plus souvent associé à la MPOC.
On vous demandera peut-être d’utiliser un inhalateur qui réduit l’inflammation des voies aériennes (« bronchodilatateur ») puis de répéter le test de spirométrie. Plus vos résultats sont « normaux » après avoir utilisé l’inhalateur, plus il est probable que vous ayez l’asthme, car les dommages causés par la MPOC sont moins réversibles.
Il se pourrait aussi que l’on vous donne des médicaments à essayer pendant quelques semaines afin de refaire un test de spirométrie.
Cette section a été réalisée grâce à une subvention éducative sans condition accordée par AstraZeneca Canada.
