Cancer du poumon

Les visages du cancer du poumon

Témoignages personnels: Les visages du cancer du poumon

Chaque année, près de 20 000 Canadien-e-s sont diagnostiqués de cancer du poumon. Le cancer du poumon touche non seulement le patient, mais aussi ses amis et les membres de sa famille. Ici, vous pouvez lire les récits de personnes atteintes de cancer du poumon, de leurs familles, et de leur soignants naturels.

L’histoire d’Antonella

Une patiente du cancer du poumon incite les propriétaires à faire un test de radon dans leur domicile.

Le premier signe fut une toux sèche persistante. « Ça me chatouillait dans le fond de la gorge », raconte Antonella Gilmore, 50 ans. Après plusieurs visites et tests chez le médecin, elle a éventuellement appris qu’elle avait le cancer du poumon, à 47 ans.

Elle était stupéfaite : « Je n’avais jamais fumé et j’étais jeune », raconte la dame de Brampton (Ontario), mère active de deux enfants. Le cancer du poumon était le moindre de ses soucis. Elle ne sait pas exactement à quoi est dû son cancer du poumon, mais elle croit que l’exposition au radon pourrait être en cause.

Le radon est un gaz qui se trouve à l’état naturel dans le sol, la roche et l’eau souterraine, et qui peut s’infiltrer dans votre maison par des fissures dans les murs ou les fondations. Au fil du temps, l’inhalation d’un taux élevé de radon peut causer le cancer du poumon. Selon l’Association pulmonaire du Canada, environ 10 % des cas de cancer du poumon seraient dus à l’exposition au radon. Le taux de cancer du poumon chez les femmes s’accroît, même si le taux de tabagisme diminue.
Mme Gilmore espère que son histoire rehaussera la sensibilisation au cancer du poumon et au risque de santé de l’exposition au radon. Elle incite les Canadiens à faire un test de radon dans leur domicile, cet hiver, pour vérifier s’ils sont à risque. Vous pouvez acheter une trousse de test dans la plupart des quincailleries ou embaucher un professionnel certifié. La trousse vendue en magasin (pour environ 50 $) est facile à utiliser. Le test devrait être effectué à l’automne ou l’hiver, lorsque les fenêtres sont fermées, pour de meilleurs résultats. Les tests à long terme sont plus exacts que les tests rapides.

Le taux de radon est exprimé en « becquerels » (Bq). L’Association pulmonaire du Canada considère qu’un taux de radon supérieur à 200 Bq est nocif, mais il est préférable de réduire le plus possible le taux de radon dans votre domicile, même s’il est inférieur à 200 Bq. Vous pouvez embaucher un entrepreneur expérimenté en élimination du radon pour déterminer la source du problème et effectuer les réparations nécessaires à prévenir l’infiltration du radon dans votre maison. Mme Gilmore effectue présentement un test de radon dans son domicile; elle a très hâte d’en connaître le résultat.

Malgré un cancer du poumon de stade 4, Mme Gilmore déborde d’énergie positive et parle avec passion de sa volonté de faire une différence. « Ce n’est pas une question de courage, insiste-t-elle. Je veux sensibiliser les gens. J’espère qu’en partageant mon histoire, j’éviterai à quelqu’un cette terrible maladie. »

L’histoire de Eva

Au début de 2006, mon mari, Gord Swan, a consulté son médecin à propos d’une toux sèche qui ne s’en allait pas. Lorsque son médecin lui a prescrit une radiographie pulmonaire, je me souviens avoir trouvé qu’il allait trop loin. Après tout, à quel point une toux pouvait-elle être grave? Même lorsque la radiographie est arrivée, montrant une tache sur un poumon, nous ne songions pas à la possibilité d’un cancer du poumon. Le cancer du poumon concernait les fumeurs, et mon mari n’a jamais fumé et n’avait jamais été exposé à la fumée secondaire au travail ni à la maison.

Évidemment, nous avons été bouleversés par le diagnostic de cancer du poumon, mais nous n’en revenions pas d’apprendre qu’il y a plus de gens qui meurent du cancer du poumon que du cancer du sein, de la prostate et colorectal réunis.
Pendant le combat de mon mari contre le cancer, nous avons été confrontés directement à la stigmatisation associée au cancer du poumon. Nous avons expliqué maintes fois à des professionnels de la santé et à d’autres, que mon mari n’était pas un fumeur et ne l’avait jamais été.

J’ai été vraiment atterrée par le manque de sensibilisation au cancer du poumon. La plupart des gens à qui je parle s’étonnent que le cancer du poumon soit le plus meurtrier, au Canada.

J’en suis venue à réaliser, par ailleurs, que personne ne mérite d’avoir le cancer du poumon, que l’on soit fumeur ou ex-fumeur, ou que l’on n’ait jamais fumé. Il faut que l’on vainque la stigmatisation du cancer du poumon et que l’on fasse en sorte qu’il reçoive l’attention nécessaire – et du financement adéquat pour la recherche. Il nous appartient, aux familles et amis qui sont touchés de près par le cancer du poumon, de voir à ce que cela se fasse.

Mon récit n’a pas une fin heureuse. Malgré une chimiothérapie et une radiothérapie agressives durant l’été 2006, nous avons appris à la fin de 2007 que le cancer de Gord s’était propagé à ses os. Il est décédé peu après. Les chances étaient contre lui : 85 % des personnes qui développent un cancer du poumon ne vivent pas cinq années de plus. Peut-être que s’il était allé consulter plus tôt, pour cette toux… Si nous avions été mieux informés au sujet du cancer du poumon.

Je partage ce récit dans l’espoir que d’autres le lisent et soient mieux sensibilisés au sujet du cancer du poumon.

Eva Berringer

Ottawa, Ontario

L’histoire de Jeremy

Le cancer du poumon peut toucher tout le monde, fumeurs ou pas. Témoignage d’une veuve.


Le 17 novembre 2010 était le 30e anniversaire de Jeremy Chen. Entre autres, il est allé au restaurant avec ses collègues, sur l’heure du midi.

C’est aussi ce jour-là qu’il l’a remarqué pour la première fois, cet essoufflement alors qu’il marchait du restaurant au stationnement.

« Comme il avait fait de l’asthme toute sa vie, il n’en a pas fait grand cas », se souvient son épouse, Scarlett.

Jeremy a tout de même consulté son médecin de famille, qui a conclu à une simple bronchite due aux rhumes qui se sont transmis à quelques reprises entre lui et son fils d’un an, Xavier.

Mais en moins d’une semaine les symptômes se sont aggravés. Jeremy avait peine à monter un petit escalier. Le médecin lui a prescrit une radiographie et, moins d’un mois après ses premiers symptômes, le diagnostic était là : il avait le cancer du poumon et celui-ci se propageait.

Le cancer du poumon de Jeremy était au stade 4, lorsqu’il a été découvert. La chimiothérapie n’a pas fait effet. Le 27 mars, il est décédé.

« Tout s’est passé si vite », se rappelle Scarlett, qui a 32 ans. « Le médecin l’avait dit : son cancer était très agressif. »

Ce qui rend la chose difficile à concevoir, c’est que Jeremy n’avait jamais fumé ou été exposé à des substances toxiques comme l’amiante. Il travaillait dans un bureau. Il n’y avait jamais eu de cas de cancer dans sa famille.

« Nous avons été complètement pris de court par tout ça. Un choc total, c’est le moins qu’on puisse dire. »

Scarlett se dit qu’il était probablement plus réaliste qu’elle, à propos de son pronostic.

« Je crois qu’il savait, plus ou moins. Stade 4, c’est stade 4. Il n’y a pas de remède. »

Elle se souvient de son regretté mari comme ayant été « extrêmement courageux »; elle raconte que son attitude était de se tourner vers les options suivantes.

Scarlett Chen fait connaître ce qui est arrivé à son conjoint afin que les gens sachent que des non-fumeurs peuvent développer cette maladie; le stigmate qui s’y associe pourrait alors être diminué.

« Définitivement, bien des gens se disent qu’il doit bien y avoir eu quelque chose pour déclencher ça. Mais si ça avait été un cancer du cerveau, ou du sein, personne n’aurait eu de soupçon », affirme-t-elle.

« Mais en fin de compte, tout le monde qui a des poumons peut développer un cancer du poumon. »

Le cancer du poumon a beau être la cause no 1 parmi les décès dus au cancer, tant chez l’homme que chez la femme, il n’est pas à égalité avec d’autres cancers, en partie à cause du stigmate qui l’associe au tabagisme, signale Veda Peters, coordonnatrice de l’éducation sur le tabac à l’Association pulmonaire de la Colombie-Britannique.

Le cancer du poumon est responsable du deuxième plus grand nombre de décès dus au cancer parmi les 20 à 44 ans, ajoute-t-elle.

En 2011, environ 25 300 Canadien-nes recevront un diagnostic de cancer du poumon, et 20 600 décèderont de cette maladie. Dans environ 85 % des cas, il s’agira de fumeurs ou d’anciens fumeurs, mais entre 10 et 15 % seront des non-fumeurs.

Le taux de survie est relativement peu élevé. Dans le cas du cancer du sein chez de jeunes adultes le taux de survie après cinq ans est de 85 %; pour le cancer testiculaire, il est de 96 %; et pour le cancer du poumon, il n’est que de 22 %.

Après le tabagisme, l’autre cause la plus répandue du cancer du poumon est l’exposition au radon, un gaz qui peut être présent dans pratiquement n’importe quelle maison, signale Mme Peters, qui incite les gens à tester l’air de leur maison afin de déceler la présence de ce gaz inodore. D’autres causes possibles de cancer du poumon sont l’exposition à l’amiante, à la fumée secondaire et à la pollution de l’air.

D’autres recherches sont nécessaires, affirme-t-elle en déplorant qu’il n’existe pas vraiment de programmes de dépistage précoce, et que, souvent, il n’y a pas de symptômes avant qu’il soit trop tard.

Les symptômes qui devraient inciter les gens à consulter un médecin sont notamment la toux persistante, la douleur thoracique inexpliquée, le souffle court et des traces de sang dans les mucosités crachées.

« Si quelque chose qui peut être le moindrement positif découle de ce qui est arrivé à Jeremy, c’est la sensibilisation du public en m’entendant raconter son histoire », conclut Scarlett.

(Reproduit avec l’autorisation du Burnaby News Leader. Journaliste : Wanda Chow. Traduction libre.)
Learn more about smoking, the most common cause of lung cancer (link to lung.ca/lung-health/smoking-and-tobacco)
Learn more about radon, the second most common cause of lung cancer (link to lung.ca/lung-health/prevent-lung-disease/radon).

Dernière mise à jour : 18/09/2014