Pollution & qualité de l’airQualité de l'air extérieur
Le changement climatique
Le changement climatique survient lorsqu'il y a de changements à long terme du système climatique de la Terre. Parmi les pires scénarios du changement climatique, on s'attend à une augmentation du nombre de jours très chauds et du taux d'humidité. Puisque certains polluants, tels que le smog, sont très nocifs pendant les jours chauds et humides, on s'attend à ce que le changement climatique multiplie les effets néfastes de la pollution de l'air sur la santé.
La fluctuation de température peut aussi changer la quantité des allergènes qui proviennent des arbres et autre végétation de sorte que, lorsqu'ils sont combinés à des polluants atmosphériques, ils provoquent des exacerbations d'asthme et d'autres maladies respiratoires.
Pour en connaître davantage à propos du changement climatique, de la qualité de l'air et la santé, téléchargez le document Le changement climatique et le Protocole de Kyoto (PDF) .
La consommation d'énergie au Canada
Le Canada est parmi les plus grands consommateurs d'énergie par personne de toute la planète en raison du climat nordique, de la grande superficie du pays, du besoin de transport, du niveau de vie élevé, une industrie de l'énergie en plein essor et des faibles coûts des ressources énergétiques.
Selon une étude statistique de 1996 d'Environnement Canada, on estime que 72 % de notre énergie provient de la combustion de combustibles fossiles, 12 % de l'hydroélectricité, 10 % de l'énergie nucléaire, 6 % de la combustion du bois et un pourcentage négligeable d'autres ressources telles que l'énergie solaire et l'énergie éolienne. De toute l'énergie consommée au Canada, 27 % revient au transport, 39 % aux industries et le 34 % restant est utilisé par l'agriculture, les résidences et les commerces.
Combustibles fossiles et la pollution
La combustion de combustibles fossiles par les véhicules motorisés, les industries et les centrales de génération d'énergie contribuent fortement à la pollution de l'air et du changement climatique. Puisque l'énergie utilisée par personnes au Canada est l'une des plus élevée au monde, la réduction de la combustion de combustibles fossiles (tels que le charbon, l'huile et l'essence) apporterait de grands bénéfices pour la santé. Aussi, existe-t-il plusieurs autres ressources énergétiques à considérer.
Que sont les combustibles fossiles?
Les combustibles fossiles sont faits de plantes et d'animaux décomposés qui emmagasinent l'énergie qui a été convertie par l'énergie du soleil il y a plus de 65 millions d'années.
Dans les combustibles fossiles, on retrouve principalement le charbon, l'huile/pétrole et le gaz naturel. De ces ressources, le charbon demeure la ressource la plus abondante, suivie du gaz naturel et, en dernière place, le pétrole. On estime que les réserves rentables en pétrole s'épuiseront au cours du prochain siècle.
En 1992, le gaz naturel surpassait le pétrole en tant que combustible fossile le plus utilisé au Canada. On retrouve les combustibles fossiles sous la terre. Le charbon est une substance qui ressemble à une roche noire, le pétrole ou l'huile est un liquide noir et épais et le gaz naturel, qui est la plupart du temps du méthane, est sans couleur, sans odeur et est plus léger que l'air. Le pétrole brut doit être raffiné afin de produire l'essence, le carburant diesel, le carburant d'aviation, l'huile à chauffage résidentiel, le carburant à cargo et l'huile utilisée par les centrales afin de produire de l'électricité.
Comment les combustibles fossiles touchent-elles l'environnement et la santé?
La combustion des combustibles fossiles relâche des polluants, y compris les oxydes de soufre (SOx), l'oxyde d'azote (NOx), les particules, le monoxyde de carbone, et le mercure. Ces polluants causent des effets nocifs sur la santé cardiovasculaire et respiratoire, et se forment en smog, en pluie acide, et en ozone troposphérique, qui menacent eux aussi à la santé.
Quelles sont des sources d'énergie renouvelables/ de remplacement?
Hydroélectricité:
La consommation canadienne en hydroélectricité est au-dessus de la moyenne de la consommation mondiale. Les coûts de construction des centrales hydroélectriques sont très élevés mais les coûts d'exploitation sont très faibles et leur longévité est plus grande que les centrales au charbon et les centrales nucléaires. Les centrales hydroélectriques utilisent une ressource renouvelable, ne causent pas de pollution et n'émettent pas de gaz à effet de serre. Cependant, elles détruisent les écosystèmes et les aménagements paysagers lors de leur construction. Mais, il reste que les répercussions sur l'environnement de plusieurs petites installations hydroélectriques sont moins néfastes qu'une grande installation à capacité équivalente.
Énergie nucléaire:
L'électricité d'origine nucléaire dépend de la concentration d'énergie en uranium. Les coûts de construction des centrales nucléoélectriques sont élevés et on estime que l'électricité qui en est générée est plus coûteuse que les autres ressources telles que l'eau ou le charbon. Les réacteurs nucléaires ne produisent pas de gaz à effet de serre et le cycle entier de la combustion produit environ un-sixième du CO2 que produit le charbon. Le problème de cette technologie repose dans l'entreposage sécuritaire des déchets nucléaires et la menace (quoique statistiquement petite) selon laquelle les substances radioactives s'en échappent, ce qui suscite une opinion peu favorable de la population concernant cette technologie.
Malgré la capacité non utilisée de produire de l'énergie de la technologie nucléaire, l'uranium n'est pas une ressource renouvelable. Cette ressource n'abonde pas suffisamment. Selon les réacteurs utilisés aujourd'hui, l'uranium pourrait fournir l'énergie à la planète entière que pour environ 10 ans.
Bois:
Si le bois utilisé pour produire de l'énergie provient d'une terre à bois bien gérée, il est alors une matière renouvelable. La majeure partie de l'utilisation du bois au Canada afin de produire de l'énergie vient des industries forestières qui utilisent les déchets de bois afin de produire de la vapeur et de l'électricité pour leurs propres besoins en énergie. Plus de 6 % des maisons unifamiliales canadiennes utilisent le bois comme source première de chauffage et 13 % l'utilise comme complément à leur système de chauffage
habituel. Cependant, la combustion du bois rejette du CO2 et des particules fines dans l'air, et la fumée de bois nuit à la santé. Les poêles à bois approuvés par la EPA (Environmental Protection Agency) offrent un bon rendement d'énergie et peuvent produire moins de pollution.
Énergie éolienne (énergie du vent):
L'utilisation de l'énergie éolienne (énergie du vent) a augmenté considérablement au cours de la dernière décennie en raison de la fiabilité de sa technologie et de la baisse des prix. Le vent peut également fournir une énergie mécanique pour pomper de l'eau ou pour générer de l'électricité. Le vent est une ressource énergétique, renouvelable et propre.
Au Canada, l'énergie éolienne convient bien aux régions éloignées qui manquent de ressources énergétiques mais son utilisation dans d'autres domaines est quand même à la hausse. Le défi dans l'augmentation de l'utilisation de l'énergie éolienne réside dans la superficie de terre que nécessiterait l'installation des éoliennes en quantité suffisante pour fournir les besoins des commerciaux et industriels. De plus, le virage vers l'énergie éolienne constituerait un projet de grande envergure, par conséquent coûteux en fait de restructuration du réseau électrique pour recevoir ce type d'énergie. Plusieurs régions du Canada conviennent très bien au développement de l'exploitation de cette ressource.
Énergie solaire:
La technologie de l'énergie solaire convertit la radiation du soleil en énergie thermale qui peut chauffer l'air ou l'eau. La technologie photovoltaïque convertit la lumière du soleil directement en électricité par des piles solaires faites de groupes convertisseurs. Cette toute récente technologie est dispendieuse et est rentable que dans les utilisations à grande échelle ou seulement dans les régions éloignées où les coûts de l'énergie en place sont très coûteux. On s'attend à ce que l'avancement continu de cette technologie augmentera son utilisation dans l'avenir. L'énergie solaire est une ressource renouvelable et propre. Pour cette raison, ainsi que pour diminuer les coûts en énergie, un nombre toujours croissant de gens utilisent l'énergie solaire pour compenser à leur source d'énergie qu'ils utilisent habituellement à la maison ou au bureau.
Énergie de la biomasse:
L'énergie emmagasinée dans le matériel végétal peut être convertie en énergie de combustion. Le bois est une des ressources communément utilisées en tant qu'énergie de biomasse. L'herbe, telle que le panic raide a un excellent potentiel de combustion. Il est possible de produire du panic raide aggloméré pour environ 0,25 $/litre d'huile à chauffage. Le panic raide a le même rendement énergétique que l'huile utilisée dans un générateur de chaleur de grand rendement. Cette herbe, tout comme les autres produits de la biomasse demande une très grande superficie afin de la cultiver. Même si les produits de la biomasse sont des ressources naturelles, leur combustion produit de la pollution. On a estimé que le panic raide produit 90 % de moins de CO2 qu'une même quantité de charbon. La biomasse peut également être convertie en combustibles liquides tel que l'éthanol qui peut faire fonctionner les véhicules moteurs.
Énergie géothermale:
La terre absorbe les radiations du soleil. Les thermopompes puisant l'énergie dans le sol utilisent la terre ou une nappe d'eau souterraine comme source de chaleur en hiver et comme réservoir de chaleur en été. L'installation de thermopompes coûte aussi cher que la pompe même. La récupération des coûts ne se fait que quelques années après son installation et son rendement en chaleur et en refroidissement est de 170 à 260% (sortie d'énergie thermale sans intrant énergétique). Un plus grand nombre de résidences et de commerces utilisent cette technologie pour complémenter leur système de chauffage/refroidissement habituel.
L'énergie et les effets sur la santé:
La combustion de combustibles fossiles, quoique moindre que la combustion de ressources de la biomasse, rejette dans l'air un certain nombre de polluants nuisibles pour la santé. Ces polluants sont l'oxydes de carbone (SOx), l'oxyde d'azote (NOx), les composés organiques volatils, les particules fines, le monoxyde de carbone (CO) et des métaux toxiques tels que le mercure. Outre les effets sur la santé respiratoire et cardiovasculaire, certains de ces produits chimiques se combinent dans l'atmosphère et produisent les pluies acides, l'ozone troposphérique et le smog.
De plus, les combustibles fossiles causent l'augmentation du taux de gaz carbonique (CO2), l'un des gaz à effet de serre qu'on retrouve en plus grande quantité et qui contribue au changement climatique. La plupart des scientifiques s'accordent pour dire que le changement climatique aura un impact significatif sur la vie humaine et sur les écosystèmes au cours du siècle.
La demande en énergie se fait de plus en plus forte. Dans le but de combler les besoins en énergie et ce, à long terme, nous devons encourager les changements aux styles de vie qui réduisent notre consommation par individu d'énergie produite par des ressources non renouvelables, particulièrement les combustibles fossiles qui causent la pollution de l'air et contribue au changement climatique. Nous devons également utiliser des ressources renouvelables et non polluantes.
Prêt à faire votre part?
Chaque individu, famille, communauté ou commerce trouvera un moyen de réduire la consommation énergétique de ressources non renouvelables et de freiner la pollution et le changement climatique:
- Pratiquez le co-voiturage, utilisez votre bicyclette ou marchez pour vous rendre au travail.
- Isolez et faites aérer votre maison.
- Utilisez une corde à linge au lieu de la sécheuse.
- Baissez votre thermostat.
- Organisez des pétitions afin que votre fournisseur en électricité emploie une technologie moins polluante.
- Soyez vigilant quant à votre consommation d'eau, plus particulièrement l'eau chaude.
- Utilisez des techniques de paysagement afin de tirer le maximum de soleil et/ou d'ombre pour chauffer votre maison ou pour la garder fraîche.
- Recyclez, réutilisez et réduisez.
- Les experts en santé, en environnement et des milliers de Canadiens se soucient des risques qu'engendre la pollution
- de l'air.
Pour apprendre davantage sur le changement climatique, visitez le Carrefour de sensibilisation aux changements climatiques du Nouveau-Brunswick.
Les liens entre les changements climatiques, la qualité de l’air et la santé respiratoire
Dans son rapport publié le 2 février 2007, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat indique qu'il est quasi certain du point de vue scientifique que le climat change à un rythme plus rapide que ce qu'on a connu jusqu'à maintenant depuis que l'homme tient des registres et que ces changements rapides sont attribuables à l'activité humaine.
Contribution de l'homme aux changements climatiques
La principale cause humaine des changements climatiques est la combustion des combustibles fossiles, comme le charbon, le pétrole, le gaz et le carburant diesel. La deuxième cause en importance est l'agriculture intensive, qui entraîne le rejet de méthane dans l'atmosphère. Le principal gaz à effet de serre produit par les combustibles fossiles est le dioxyde de carbone, mais il y a aussi le méthane. Ces gaz montent dans l'atmosphère et lorsqu'ils se trouvent dans la haute atmosphère, ils agissent comme une couverture, empêchant la chaleur du soleil qui a déjà atteint la terre de se dissiper dans l'espace extra-atmosphérique.
Les changements climatiques vont entraîner une augmentation des températures moyennes mondiales. Les températures plus élevées accélèrent la circulation de l'eau dans le cycle hydrologique, et l'air plus chaud peut retenir plus de vapeur d'eau. Les températures plus élevées sont également à l'origine de précipitations et de configuration des vents inhabituelles, ce qui veut dire qu'il existe un lien entre les changements climatiques et la température.
Rejet de polluants atmosphériques causé par la combustion de combustibles fossiles
La combustion de combustibles fossiles entraîne aussi le rejet de polluants atmosphériques, comme les oxydes de soufre (SOx), les oxydes d'azote (NOx), des composés organiques volatils (COV; ils sont nombreux), du monoxyde de carbone (CO), et d'autres composés toxiques. Les SOx et les NOx réagissent dans l'atmosphère pour produire des particules. Les NOx et certains COV réagissent dans l'atmosphère pour produire de l'ozone au sol. Ensemble, les particules et l'ozone forment le smog, qui peut être transporté sur de longues distances par les vents dominants ou être retenu près du sol durant une inversion des conditions atmosphériques (souvent avec peu de vent). Il existe donc un lien entre la pollution atmosphérique et les conditions atmosphériques.
Tous ces polluants atmosphériques peuvent avoir des effets néfastes graves sur la santé. Les effets sur la santé les mieux compris sont ceux liés aux particules plus petites que 2.5 µg/m3 et à l'ozone au sol. Aucun niveau d'exposition à l'une ou l'autre de ces substances n'est sans danger. Des niveaux accrus d'exposition peuvent causer de la congestion, une respiration laborieuse, des crises d'asthme et, occasionnellement, la mort. Les PM2.5 sont associées à une augmentation des crises cardiaques. L'exposition prolongée aux PM2.5 est associée à l'insuffisance pondérale à la naissance et au développement pulmonaire réduit chez les enfants Les risques pour la santé sont plus élevés chez les populations vulnérables, soit les très jeunes enfants, les personnes âgées, les personnes souffrant déjà de maladies respiratoires (comme l'asthme ou la MPOC) ou de maladies cardiovasculaires, et celles qui font de l'exercice ou du travail ardu à des endroits où le niveau de pollution atmosphérique est élevé.
Impacts des changements climatiques
Les impacts des changements climatiques peuvent être nombreux. Ils comprennent notamment une augmentation des températures moyennes mondiales; des changements relatifs aux précipitations et aux régimes climatiques; des sécheresses; des incendies de forêt; la désertification ou des inondations; des changements relatifs aux périodes de croissance et à la capacité de pratiquer des cultures; des changements relatifs à l'approvisionnement en aliments et en eau et à la sécurité des aliments et de l'eau; des changements relatifs à la distribution de la faune et de la flore; des changements relatifs à la distribution de certains pathogènes; des changements relatifs à la température des océans et aux courants marins; une augmentation du niveau de la mer; une augmentation des ondes de tempête et de l'invasion d'eau salée dans les réserves d'eau douce; la perte d'infrastructures; le déplacement de populations; des défis socio-économiques.
En ce qui concerne de façon précise la santé respiratoire, les impacts suivants se produisent actuellement ou risquent de se produire dans l'avenir :
Une augmentation de la pollution atmosphérique dans certaines régions, particulièrement celles situées dans la direction du vent par rapport aux sources d'émissions. Les températures plus élevées peuvent entraîner une augmentation de la pollution à cause de l'utilisation accrue des climatiseurs, des réfrigérateurs et des congélateurs, qui peut amener les centrales électriques à brûler plus de combustible. Dans les régions où la pollution atmosphérique est associée au temps chaud (c'est-à-dire les endroits où le temps chaud est apporté par les vents du sud venant de régions très industrialisées), un nombre accru de jours chauds signifiera également un nombre accru de jours où la pollution atmosphérique est élevée, ce qui aura forcément des effets néfastes sur la santé.
La chimie atmosphérique qui forme l'ozone au sol et les particules secondaires (smog) est complexe. Ces réactions sont causées en partie par des influences photochimiques, et la température n'a aucun effet direct sur la formation de ces substances. La température peut avoir un effet sur les précurseurs du smog, mais il faut faire preuve de prudence lorsqu'il s'agit d'établir des liens directs entre la température et un taux accru de réactions chimiques.
On a observé un nombre accru de cas où des gens ont été exposés à la fois à des températures inhabituellement élevées et à une pollution atmosphérique élevée. La présence simultanée de ces deux menaces deviendra probablement plus fréquente à cause des changements climatiques. Des températures élevées, particulièrement pendant plusieurs jours, et une pollution atmosphérique élevée ont entraîné une hausse des taux de mortalité dans certaines régions, par exemple en France, en 2003, où des milliers de décès étaient attribuables à la pollution atmosphérique et à la chaleur.
Une augmentation des incendies de forêt dans certaines régions à cause des conditions plus sèches. Le bois qui brûle rejette dans l'atmosphère des particules, du monoxyde de carbone, des hydrocarbures poly-aromatiques (HAP) et de nombreuses autres substances chimiques toxiques qui rendent la respiration difficile, qui réduisent les défenses du système immunitaire contre les infections respiratoires et qui peuvent causer des crises cardiaques. L'exposition prolongée ou répétée peut causer le cancer.
Une augmentation de la formation de moisissure et peut-être un changement relatif aux types de moisissure dans les régions touchées par des niveaux élevés de précipitation. Des changements relatifs à la configuration des précipitations causera des inondations inhabituelles et le jaillissement d'eau dans les immeubles qui ne sont pas conçus pour résister à des pluies fortes ou à des vents forts. L'accumulation d'humidité à l'intérieur des immeubles crée les conditions idéales pour la formation de moisissure. On sait que l'exposition à la moisissure cause de l'asthme chez certaines personnes.
Certaines espèces de moisissure auparavant inhabituelles au Canada ont été trouvées à certains endroits, par exemple en Colombie-Britannique. L'exposition au Cryptococcus gattii dans certaines régions boisées a entraîné une faible incidence d'infection chez les populations humaines et animales. Il peut arriver, quoique rarement, que certaines personnes aient de la fièvre, des douleurs et des problèmes respiratoires qui peuvent être graves.
Une augmentation de certains types de plantes et de leur pollen. Il a été prouvé que des niveaux accrus de dioxyde de carbone dans l'atmosphère et des températures plus élevées favorisent la croissance de certaines plantes, comme l'herbe à poux, augmentant ainsi la production de pollen. Cela entraînera une augmentation de la fréquence et de la gravité des crises d'asthme et des réactions allergiques.
Des changements relatifs à la distribution des souris sylvestres infectées au hantavirus. Le variant du virus Sin Nombre virus (VSN) aux États-Unis et dans l'Ouest du Canada peut causer un syndrome de détresse respiratoire chez les humains. Le contact avec l'urine ou les matières fécales de souris infectées peut causer une infection chez les humains. Les changements relatifs aux précipitations et à la sécheresse peuvent modifier la relation prédateur-proie, ce qui a une incidence sur la distribution des souris.
Des eaux de mer plus chaudes peuvent favoriser la croissance de certaines algues responsables des « marées rouges », qui produisent parfois des toxines nocives. Des données récentes indiquent une augmentation des crises d'asthme durant les marées rouges dans certains États du Sud, comme la Floride. L'algue présente au large des côtes floridiennes s'appelle Karenia brevis. Les toxines libérées par ces algues sont transportées dans l'air sous forme d'aérosols; elles causent de l'irritation du nez et de la gorge et exacerbent les crises d'asthme. Cette algue n'est pas présente au large des côtes canadiennes, mais d'autres algues à l'origine des marées rouges poussent ici et il est possible que le réchauffement des eaux élargisse l'aire de distribution géographique de l'algue K. brevis.
Ce qui est moins probable au Canada, c'est la transmission directe d'hématozoaires. Certaines formes de malaria causent des symptômes respiratoires, y compris le Plasmodiumvivax, qui était présent naturellement au Canada jusqu'à la fin des années 1800. Le réchauffement climatique pourrait élargir l'aire de distribution géographique des moustiques capables de transmettre la malaria. Toutefois, tout impact au Canada serait probablement limité grâce à la surveillance, au contrôle et aux systèmes médicaux (qui ont permis en fait d'éradiquer la transmission de la malaria à la fin des années 1800).
Impacts négatifs possibles de certaines mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre sur la qualité de l'air
À mesure que nous prenons des mesures pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre, certaines stratégies de réduction peuvent également causer un accroissement de la pollution atmosphérique, par exemple:
La combustion de la biomasse. La combustion de la biomasse, comme le bois et d'autres végétaux, en tant que source d'énergie est considérée comme neutre en carbone puisque ces végétaux absorbent environ autant de CO2 pendant leur croissance qu'ils n'en rejettent lors de la combustion. Cependant, de nombreux appareils utilisés pour brûler la biomasse, même les meilleurs poêles à bois, n'ont pas les dispositifs de contrôle nécessaires pour éliminer les émissions atmosphériques toxiques. Ainsi, on ne devrait pas appuyer les politiques recommandant la combustion de la biomasse comme stratégie de réduction des gaz à effet de serre tant que la technologie ne sera pas plus poussée et que la réglementation ne sera pas en place pour réduire considérablement les émissions atmosphériques.
Les mesures d'efficacité énergétiques dans les immeubles qui mettent uniquement l'accent sur l'isolation et la réduction des courants d'air sans ventilation suffisante. Une ventilation suffisante est essentielle pour empêcher la formation de moisissure et aidera à la réduction du radon. On sait que l'exposition à certains types de moisissure peut causer de l'asthme chez les sujets réceptifs. Le radon est la principale cause de cancer du poumon chez les non-fumeurs. Les lignes directrices canadiennes en ce qui concerne le radon ont été réduites de 800 Bq/m3 à 200Bq/m3, créant ainsi la nécessité de vérifier les immeubles et d'apporter des mesures correctives au besoin.
Le fait de délaisser les véhicules à essence en faveur des véhicules à carburant diesel. Le diesel est un carburant plus efficace que l'essence qui produit moins de gaz à effet de serre pour chaque kilomètre parcouru. La combustion du diesel produit toutefois plus d'autres polluants atmosphériques toxiques que la combustion de l'essence. Bien qu'il soit possible de réduire les émissions de particules en utilisant du diesel à basse teneur en soufre et des filtres à particules dans le système d'échappement, il est plus difficile de réduire les autres émissions toxiques provenant des gaz d'échappement d'un moteur diesel.
Impacts positifs de certaines mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre sur la qualité de l'air
Contrairement à bien des polluants atmosphériques provenant de la combustion des combustibles fossiles, le dioxyde de carbone ne peut pas être facilement éliminé au point de rejet au moyen de dispositifs comme des épurateurs, des dépoussiéreurs à sacs filtrants, des filtres, etc. Ainsi, d'ici à ce qu'on mette au point une nouvelle technologie de captage du carbone, la seule façon de réduire les émissions de dioxyde de carbone consiste à réduire la demande d'énergie au moyen de mesures d'efficacité énergétique, à brûler les combustibles fossiles de façon plus efficace ou à se tourner vers d'autres sources d'énergie comme l'énergie éolienne, l'énergie solaire, l'hydro-électricité et l'énergie marémotrice. Même l'énergie nucléaire, malgré les autres considérations dont il faut tenir compte du point de vue de l'environnement et de la sécurité, produit peu de CO2 et moins d'émissions atmosphériques. Le choix de n'importe laquelle de ces solutions pour réduire les émissions de dioxyde de carbone réduira aussi considérablement les émissions de polluants atmosphériques.
Par contraste, les mesures traditionnelles visant à réduire les polluants atmosphériques font appel à la technologie d'élimination au point de rejet ou au choix de carburants à faible teneur en soufre pour réduire les émissions de SOx. Cependant, ces mesures ne réduisent pas les émissions de gaz à effet de serre.
Tout nouveau moyen utilisé pour réduire les polluants atmosphériques ou les gaz à effet de serre doit tenir compte de toutes les émissions de façon à réduire les deux types d'émissions. Les meilleures mesures pour combattre les changements climatiques auront aussi un impact positif sur la qualité de l'air, soit directement en réduisant les émissions de polluants atmosphériques, soit indirectement en réduisant l'impact négatif des changements climatiques sur la qualité de l'air.
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Évaluateurs :
Kenneth Maybee, vice-président, Association pulmonaire du Canada, Enjeux environnementaux
Barbara MacKinnon, Coordinatrice – Réseau de recherche sur le changement climatique, la pollution atmosphérique et la santé, Association pulmonaire du Nouveau- Brunswick
Timothy Lambert, Association canadienne de santé publique
Groupe de travail sur l'environnement, Association pulmonaire du Canada
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