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MPOC

Traitement

Médicaments contre la MPOC

Ce page web présente de l’information sur les principaux médicaments utilisés pour le traitement de la MPOC (la maladie pulmonaire obstructive chronique, qui regroupe l’emphysème et la bronchite chronique).

Les médicaments ne peuvent vous guérir de la MPOC, mais ils peuvent réduire vos symptômes. En prenant le bon médicament au bon moment, vous pouvez réduire le manque de souffle et la toux, être plus active, et avoir moins de poussées actives.

Familiarisez-vous avec VOS médicaments pour la MPOC

Plusieurs médicaments sont utilisés pour traiter la MPOC. Votre médecin vous prescrira celui qui vous convient le mieux. Les médicaments pour la MPOC peuvent être compliqués. Mais ne vous en faites pas : vous n’avez pas besoin de tout connaître sur tous ces médicaments. Il vous suffit de bien connaître vos médicaments pour la MPOC.

Assurez-vous de savoir :

  • quels médicaments vous prenez
  • comment les prendre
  • à quel moment les prendre
  • à qui vous adresser si vous avez des questions

Pour vous concentrer sur l’information dont vous avez besoin, faites un crochet à côté des médicaments pour la MPOC que vous prenez :

Médicament pour traiter le souffle court : les bronchodilatateurs

Si vous avez la MPOC, votre principal symptôme est probablement le manque de souffle (ou souffle court). Vous devenez peut être essoufflé lorsque vous faites de l’exercice, lorsque vous faites certaines tâches, lorsque vous êtes fâché, ou même sans raison.

Les médicaments bronchodilatateurs ouvrent les voies respiratoires (les tubes à air) dans vos poumons. Lorsque vos voies respiratoires sont plus ouvertes, respirer est plus facile. Le médecin peut prescrire plusieurs types de bronchodilatateurs, à une personne, pour traiter la MPOC.

Il existe deux principaux types de bronchodilatateurs inhalés.

Un type de bronchodilatateur inhalé : les beta-2-agonistes

Par exemple :

  • salbutamol (Ventolin©, Airomir©)
  • terbutaline (Bricanyl©)
  • formotérol (Oxeze©)
  • salmétérol (Serevent©)

Effets secondaires : battements rapides du cœur, palpitations cardiaques (battements irréguliers), irritabilité, difficulté à dormir, crampes musculaires et tremblements des mains. Les effets secondaires plus graves sont rares. Habituellement, les effets secondaires diminuent ou deviennent moins évidents après un certain temps à utiliser le médicament.

Un autre type de bronchodilatateur inhalé : les anticholinergiques

Par exemple :

  • bromure d’ipratropium (Atrovent©)
  • tiotropium (Spiriva©)

Effets secondaires : bouche sèche à l’occasion; difficulté à uriner, pour les hommes qui ont des problèmes de prostate.

Les bronchodilatateurs sont aussi divisés par type selon le délai d’action – court ou long – d’après la rapidité du début de leur effet. On peut aussi les distinguer selon la durée d’action, courte ou longue.

Les bronchodilatateurs à court délai d’action (ou à « soulagement rapide ») font effet rapidement : ils commencent à agir en quelques minutes. On les utilise habituellement lorsqu’on en a besoin, pour aider à soulager des épisodes d’essoufflement soudain. Certains n’ont un effet que de quelques heures (4 à 6 hres), comme le Ventolin© et le Bricanyl©. D’autres ont un effet de longue durée (12 hres), comme l’Oxeze.

Les bronchodilatateurs à long délai d’action prennent un peu plus de temps avant d’agir. Certains n’ont un effet que de quelques heures (4 à 6 hres), comme l’Atrovent. D’autres ont un effet de longue durée (jusqu’à 12 hres), comme le Serevent. Il existe un bronchodilatateur à long délai d’action dont l’effet dure 24 heures : le Spiriva.

Pour soulager rapidement l’essoufflement, prenez un médicament à soulagement rapide comme Ventolin©, Bricanyl© ou Oxeze©.

Apportez toujours avec vous votre médicament à soulagement rapide, afin de l’avoir quand vous en avez besoin.

Tous les bronchodilatateurs énumérés ci-dessus sont vendus dans des inhalateurs (pompes). Apprenez comment utiliser les pompes et autres dispositifs d'inhalation.

Il existe un autre type de bronchodilatateur qui ouvre les voies respiratoires. Ces médicaments se prennent en comprimés.

  • Les xanthines ou théophyllines (comme l’Uniphyl©)

Les xanthines ou théophyllines sont des bronchodilatateurs à long délai d’action. Ils n’ouvrent pas les voies respiratoires aussi bien que les bronchodilatateurs inhalés et ils peuvent entraîner de sérieux effets secondaires et des interactions médicamenteuses. C’est pourquoi les xanthines/théophyllines ne sont pas aussi couramment utilisées. Si elles le sont, c’est habituellement en combinaison avec d’autres bronchodilatateurs.

Effets secondaires : nausée, brûlement d’estomac, fébrilité (« bougeotte ») et battement rapide du cœur.

Les xanthines peuvent avoir des interactions avec certains aliments et avec d’autres médicaments. Assurez-vous d’informer votre médecin et votre pharmacien de tous les autres médicaments que vous prenez. Si vous prenez des comprimés de xanthine, votre médecin vous fera passer souvent des tests de sang, pour examiner la quantité de ce médicament qui est présente dans votre corps.

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Médicaments pour prévenir ou traiter les poussées actives de MPOC

On parle d’une « poussée active » (ou exacerbation) de la MPOC lorsque vos symptômes s’aggravent. Les poussées actives sont généralement causées par :

  • un déclencheur – comme la pollution de l’air
  • ou par une infection bronchique – comme le rhume, la grippe, ou un autre virus.

Il est très important de prévenir les poussées actives; et, si vous en avez une, de la traiter le plus vite possible. Les poussées actives sont la principale raison pour laquelle des personnes qui ont la MPOC vont à l’hôpital. Elles peuvent être mortelles.

Certains symptômes d’une poussée active de MPOC sont un plus grand essoufflement, plus de toux, et plus de mucus (phlegme, sécrétions) qui souvent devient vert ou jaune, ou plus épais, durant une poussée active.

Combinaison d’un bronchodilatateur et de corticostéroïdes inhalés

Si vous avez continuellement un problème de respiration et que vous êtes atteint de MPOC modérée ou sévère, votre médecin pourrait vous prescrire une combinaison médicamenteuse. Il s’agit d’une formule combinant un bronchodilatateur, pour soulager l’essoufflement, et un corticostéroïde, pour réduire l’enflure de vos voies respiratoires. Avec le temps, les combinaisons médicamenteuses peuvent aider à éviter les poussées actives de MPOC.

Note : les corticostéroïdes pour traiter la MPOC ne sont pas la même chose que les stéroïdes anabolisants que certains culturistes prennent afin de développer plus de muscles.

Voici certaines combinaisons médicamenteuses :

  • Advair© (Flovent© combiné à Serevent©)
  • Symbicort© (Pulmicort© combiné à Oxeze©)

Les médicaments en combinaison sont des médicaments « préventifs » : il faut les prendre à chaque jour (habituellement deux fois par jour). Ils ont un effet à long terme, mais pas immédiat. Donc si vous avez besoin d’un soulagement en peu de temps, prenez un médicament à action rapide comme le salbutamol (Ventolin©), la terbutaline (Bricanyl©) ou le formotérol© (Oxeze©).

Effets secondaires : tremblements des mains, battement rapide du cœur, muguet (couche blanchâtre sur la langue et la gorge), mal de gorge, voix rauque.

Vous pouvez avoir moins d’effets secondaires dus aux corticostéroïdes inhalés, si vous :

  • les utilisez exactement comme l’a prescrit votre médecin;
  • rincez votre bouche avec de l’eau après chaque dose : rincez, gargarisez-vous, puis crachez l’eau;
  • utilisez un-e chambre/tube d’espacement, au bout de votre aérosol-doseur

Corticostéroïdes en comprimés

Les corticostéroïdes existent aussi en comprimés (p. ex., prednisone). Si une combinaison médicamenteuse contenant un corticostéroïde inhalé n’est pas assez efficace, votre médecin pourrait vous prescrire un corticostéroïde en comprimé.

Les comprimés de corticostéroïdes entraînent plus d’effets secondaires que ceux qui sont inhalés. Ces comprimés sont utilisés pendant une courte période, habituellement si vous avez une poussée active de MPOC modérée ou sévère. Ils ne devraient pas être pris sur une base régulière sans l’avis de votre médecin.

Effets secondaires : amincissement de la peau, apparition de bleus (ecchymoses) sur la peau, mal de gorge, voix rauque, ballonnement à l’estomac, prise de poids, fluctuations d’émotions, problème à contrôler le taux de sucre présent dans le sang, problème à contrôler la pression artérielle. Vous pouvez parler de ces effets secondaires avec votre médecin ou pharmacien.

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Médicaments pour le traitement d’infections : antibiotiques

Il est fréquent qu’une poussée active de MPOC soit causée par une infection virale (comme la grippe) ou une infection bactérienne (comme la pneumonie bactérienne). Si vous avez une infection bactérienne, votre médecin pourrait vous prescrire un antibiotique.

Votre médecin pourrait vous donner d’avance une ordonnance d’antibiotiques, pour que vous soyez déjà prêt à aller vous procurer ce médicament à la pharmacie si une poussée active de MPOC s’annonce. Votre médecin vous donnera un plan d’action pour la MPOC, avec des directives claires sur ce que vous devriez faire et quel médicament vous devriez prendre en cas de poussée active. N’hésitez pas à poser des questions si vous n’êtes pas certain-e de comprendre votre plan d’action pour la MPOC.

Il est important de prendre les antibiotiques comme le médecin les a prescrits – et de prendre la totalité des antibiotiques prescrits. Si on ne prend pas tous les antibiotiques prescrits, l’infection pourrait devenir plus grave et plus difficile à traiter.

Vaccins contre la grippe et la pneumonie

Des vaccins peuvent aider à vous protéger contre certaines souches de grippe et de pneumonie. Les deux types de vaccins peuvent réduire votre risque d’avoir une poussée active de MPOC. Le vaccin anti-grippe doit être administré à chaque année (généralement à l’automne). La plupart des personnes atteintes de MPOC ont besoin d’un vaccin contre la pneumonie tous les 5 à 10 ans.

Oxygénothérapie (ou supplément d’oxygène)

En cas de MPOC plus sévère, il est possible que vous ayez de la difficulté à obtenir suffisamment d’oxygène en respirant uniquement l’air ambiant. Un faible taux d’oxygène peut vous rendre plus essoufflé et fatigué. Si votre taux est très faible, votre médecin pourrait vous prescrire une oxygénothérapie.

Des études ont montré que les personnes qui ont besoin d’oxygénothérapie et qui en font usage peuvent vivre plus longtemps.

Les personnes qui ont la MPOC n’ont pas toutes besoin de prendre des suppléments d’oxygène. Pour savoir si vous en avez besoin, parlez avec votre médecin ou avec votre éducateur respiratoire certifié. Pour en savoir plus au sujet des suppléments d’oxygène, demandez un exemplaire de notre feuillet d’information sur la MPOC intitulé « L’oxygénothérapie pour la MPOC ».

Comment dois-je utiliser mes médicaments inhalés?

Plusieurs médicaments pour la MPOC sont inhalés – c’est-à-dire que vous devez les prendre par respiration. Les médicaments pour la MPOC sont plus efficaces et causent moins d’effets secondaires s’ils entrent directement dans vos poumons.

Au début, il faut un peu de pratique pour apprendre à utiliser vos inhalateurs. Nous expliquons ci-dessous comment utiliser divers types de médicaments inhalés. Il peut être aussi utile d’avoir de l’aide concrète. Demandez à votre médecin ou à votre pharmacien de vous observer pendant que vous utilisez votre inhalateur, pour vérifier si vous le faites correctement. Faites-vous expliquer comment entretenir et nettoyer vos inhalateurs et dispositifs.

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Sept conseils pour tirer le meilleur de vos médicaments pour la MPOC

1. Écrivez une liste des médicaments que vous prenez, afin que vos professionnels de la santé puissent identifier toute interaction potentielle. Si vous prenez des médicaments en vente libre ou des produits de santé naturels, indiquez-les aussi. Ils pourraient interagir avec vos médicaments et aggraver vos problèmes de respiration.

2. Achetez tous vos médicaments à la même pharmacie. Si vous prenez tous vos médicaments à la même pharmacie, votre dossier montrera tous les médicaments que vous prenez. Le pharmacien pourra alors s’assurer qu’il n’y a pas d’interaction nocive entre certains d’entre eux.

3. Sachez distinguer vos inhalateurs et les utiliser adéquatement. Vous pourriez devoir utiliser divers inhalateurs pour prendre vos médicaments. On peut habituellement les distinguer par leur nom et leur couleur. Assurez-vous de savoir lequel est votre médicament de secours à prendre si vous êtes essoufflé, et gardez-le avec vous en tout temps.

4. Travaillez avec votre médecin pour déterminer la meilleure façon de traiter vos symptômes de MPOC. Parlez-lui de vos symptômes, de vos activités et de vos préoccupations. Dites-lui si vous avez l’impression que vos médicaments fonctionnent ou non. Posez-lui des questions. Continuez de poser des questions jusqu’à ce que vous soyez sûr-e d’avoir bien compris.

5. Utilisez vos médicaments tels que prescrits, et parlez de vos effets secondaires. Comme tout médicament, les médicaments pour la MPOC peuvent entraîner des effets secondaires. Si tel est votre cas, parlez-en à votre médecin, à votre pharmacien ou à votre éducateur certifié dans le domaine respiratoire. Il pourra vous aider à comprendre les avantages et les inconvénients de chaque médicament.

6. Demandez à votre médecin de vous fournir un plan d’action pour gérer les poussées de MPOC. Ce plan d’action vous expliquera quoi faire si vos symptômes de MPOC s’aggravent.

7. Visitez une clinique pour la MPOC pour en savoir plus sur les médicaments pour la MPOC et leur utilisation. Demandez à votre médecin de vous référer à une clinique pour la MPOC dans votre région.

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